Comment je suis passée à la méthode continentale

Mes habitudes en tricot

J’ai appris à tricoter avec ma mère et ma grand-mère, 15 ans que je joue des aiguilles, avec plus ou moins de régularité, mais toujours avec mon fil dans la main droite. J’ai toujours vu ma grand-mère tricoter très vite, j’avais l’impression que son fil volait au-dessus des aiguilles alors je voulais faire pareil. C’est sans doute comme ça que j’ai amélioré mon mouvement et arrêté de lâcher mon aiguille droite (et de droite) à chaque maille pour passer mon fil.

Avec le temps et en tricotant plus régulièrement, j’ai découvert au hasard des différentes boutiques, les aiguilles circulaires. J’avais très envie de tester, c’est ainsi que lorsque j’ai eu besoin de tricoter un nouveau modèle nécessitant une taille d’aiguilles manquant à ma collection, je m’en suis procuré. Là ça a été le gros coup de coeur, moins de poids sur les bras, moins d’encombrement, etc. J’ai donc continué à procéder ainsi : tout nouvel achat d’aiguilles se ferait en circulaires. Bon, j’ai aussi racheté les tailles d’aiguilles que j’utilisais le plus en circulaires et maintenant je râle très fort lorsque je dois utiliser des aiguilles droites… mais mon côté économe me force à ne pas racheter en circulaires des aiguilles que j’utilise peu souvent. Et je compte bien m’offrir un kit d’aiguilles complet un jour, rien ne sert donc d’en racheter en individuel !

La découverte de la méthode continentale

J’ai depuis quelques semaines beaucoup plus de temps à consacrer à mes loisirs, bébé au chaud et repos obligent ! Et qui dit loisirs dit tricot pour moi. Le fait d’avoir plus de temps est une vraie révolution, cela me permet de ne pas faire « que » tricoter avec des techniques que je connais déjà mais aussi de faire des recherches, regarder des tutoriels, lire des articles, tester de nouvelles choses, etc.

Et voilà comment j’ai découvert au fil de mes recherches le tricot avec la méthode continentale : cette méthode consiste à tricoter avec le fil de laine dans la main gauche et donc limiter largement les mouvements lorsque l’on tricote.

Tout comme pour le Magic Loop, c’est un des articles de Lise Tailor qui m’a le plus aidé à en comprendre le fonctionnement.

L’idée de pouvoir améliorer ma vitesse de tricot m’a, évidemment, tout de suite séduite et quand j’ai une idée en tête, je ne la lâche pas.

L’essai

Entre deux projets j’ai donc décidé de faire un test avec un reste de laine et des aiguilles circulaires n°4. J’ai commencé par la maille endroit qui me semblait plus simple et plus abordable, à raison d’ailleurs. J’ai vite compris le mouvement, il n’est pas très complexe. En revanche en ce qui concerne la tension du fil et le fait de faire glisser les mailles sur mon aiguille cela a été plus compliqué.

Tout d’abord la tension du fil… j’ai pour habitude de tricoter assez serré et surtout de façon très régulière, c’est d’ailleurs un aspect qui me plaît beaucoup dans le tricot. Durant mon test en méthode continentale j’ai donc essayé de ne pas changer ces deux choses là. Sauf que n’arrivant pas bien à gérer la tension de mon fil, la régularité était grandement mise à mal : un rang trop serré, un rang trop lâche… mon point mousse s’en est trouvé bien malmené.

Quant au fait de faire glisser les mailles sur mon aiguille au fur et à mesure pour ne pas avoir à lâcher mon aiguille (ce qui m’aurait fait perdre une partie des bénéfices de la méthode continentale), cela a aussi été compliqué. Je trouvais qu’il fallait beaucoup trop souvent procéder au « poussage » de mon aiguille gauche et que cela venait en prime me faire mal en me piquant le doigt à chaque fois.

J’ai également ressenti beaucoup de tension dans les bras et les épaules car voulant absolument garder ma régularité, je me contractais… Ça m’a clairement rappelé mes débuts au tricot, toute crispée sur mes aiguilles. Mais j’ai persévéré en essayant de me relâcher. Après plusieurs heures j’ai trouvé mon mouvement plus fluide mais toujours pas dingue et ma régularité bien moyenne. Peu importe, je ne voulais rien lâcher, et si je ne voyais pas encore les bénéfices de cette méthode je me rapprochais au moins de ma cadence de tricot habituelle.

Est ensuite venue la maille envers, que j’ai voulu tester pour casser la monotonie de mon point mousse. Alors là, j’ai dû regarder la vidéo plusieurs fois, je ne saisissais pas bien le mouvement et je ne savais pas quoi faire après avoir passé mon fil autour de mon aiguille. A force de ralentis et décomposition du mouvement j’ai compris et me suis lancée. Finalement, j’ai plus rapidement réussi à apprécier la méthode continentale pour ce point, le gain de temps est plus flagrant et j’arrivais mieux à ne pas tricoter trop serré.

Mon premier essai en méthode continentale : beaucoup d'irrégularités
Mon premier essai en méthode continentale : beaucoup d’irrégularités

La transition

Alors faire des tests c’est bien, mais tricoter un vrai projet c’est mieux et plus motivant. Je me suis donc lancée dans un petit projet bébé assez simple en jersey envers, à tricoter en aiguilles 6 (et donc droites chez moi, malheur !), mais au mois il contenait des rangs endroits et des rangs envers. J’ai commencé par le dos et le résultat donne quelque chose de bien plus lâche que d’habitude. En revanche mes deux demi-devants sont plus réguliers et se rapprochent de ce que je fais habituellement.

Cependant j’avais toujours le même souci, la laine qui ne glisse pas bien… et les mailles difficiles à récupérer après un rang endroit car je serrai trop fort et inversement après un rang envers. J’ai donc commencé à me demander si le souci ne pouvait pas également provenir de mes laines de tests et si avec une laine plus « douce et glissante » j’arriverais à un meilleur résultat et à plus de rapidité.

Je n’ai pas mis longtemps à vérifier cette théorie puisque je suis allée récupérer une commande de laine en mérino et soie quelques jours plus tard (mais je vous en reparlerai). Et là, le miracle s’est produit : les mailles glisses plus vite que leur ombre, je me décontracte et valide cette méthode à 100% ! Ô Joie !

Alors à toutes celles et ceux qui hésitent encore, tentez et ne lâchez rien, je n’ai finalement pas mis longtemps à m’habituer, en moins d’une semaine j’ai pu apprécier cette technique. À ce jour, je ne vais pas encore aussi vite que les tricoteuses les plus émérites mais j’ai, je pense, déjà commencé à dépasser mon ancienne vitesse. Ce n’est pas une course, certes, mais même en terme de tenue des aiguilles et positions pour tricoter, j’ai l’impression qu’il y a plus de possibilités et je suis tout simplement plus à l’aise.

Et vous, avec quelle méthode tricotez-vous ? Avez-vous déjà essayé celle-ci ?

5 Comments

  1. Lise Tailor

    7 décembre 2017 at 19 h 08 min

    Coucou, je suis vraiment ravie de t’avoir aidée à changer de méthode, surtout que tu sembles convaincue et contente que tes efforts aient payé. Bises et bon tricot. Lise

    1. Manon

      7 décembre 2017 at 19 h 11 min

      Coucou, oui vraiment, un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour la tricoteuse que je suis. Merci encore 😀 !

  2. Pirard Pascale

    7 octobre 2018 at 12 h 48 min

    Voilà une semaine que je tricote à la continentale et j’ai le même souci pour la tension du fil, endroit trop serré et envers plus large et aussi faire avancer les mailles…. je tricote avec de la laine à chausette car j’aime pas les gros pull
    Je suis contente de voir un article comme le tien ☺

    1. Manon

      6 novembre 2018 at 9 h 15 min

      Merci Pascale pour ton commentaire ! Avec le temps ça devrait aller pour ta tension, à ce jour je n’ai plus trop le souci :). Et je trouve les bénéfices de la méthodes continentale tellement important niveau douleurs épaules/bras que ça en vaut la peine ! Moi aussi je préfère tricoter avec des petites aiguilles… A bientôt et bon tricot !

  3. Cécile Thirifays

    3 juillet 2019 at 12 h 26 min

    Bonjour voilà une semaine et demi que je me suis convertie également à la méthode continentale après 35 ans de tricot classique : le tricot est un peu irrégulier par moment mais je trouve également qu’on constate rapidement le bénéfice de cette méthode au niveau rapidité … donc je persévère

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